GHOST_HORSEMAN_OF_THE_APOCALYPSE_IN_CAIRO_EGYPT, 2017

Photographie C-Print, 57,7 x 120,9 cm
Courtesy de l’artiste, de la galerie Eva Hober (FR) et de la galerie Reinhard Hauff (DE)


Clément Cogitore suspend et manie la crédulité du spectateur pour l’emmener sur un chemin tissé d’histoires. Ghost_horseman_of_the_apocalypse_in_Cairo en est une parfaite illustration. Il s’agit d’une photographie de foule réunie sur la Place Tahrir, lors de la révolution égyptienne qui symbolise à elle seule cette capacité que possède le cerveau humain à créer ses propres récits et narrations. Cette image, capture d’écran tirée d’une vidéo d’une chaîne d’informations a circulé sur la toile pendant plusieurs jours car certains internautes y avaient vu en son centre une figure trouble, un halo lumineux prenant la forme d’un homme sur un cheval et devenu soudainement sur les réseaux sociaux le quatrième cavalier de l’Apocalypse. La cause est simple et technique : là où certains ont détecté rapidement un « facteur de flare », illusion optique produite par une diffusion de la lumière à l’intérieur d’un objectif de caméra, d’autres ont laissé courir leur imagination, teintée du plus grand mysticisme.

Léa Chauvel-Lévy, Critique d’art